samedi 26 octobre 2013

Et maintenant on fait quoi ?

J’y suis ! J’ai ce mois-ci enfin  pu me dégager de mon entreprise. Good luck à mon associé ! Vu que je garde quelques parts, s’il réussit à tenir la barre, je récupérai d’ici un an mon investissement initial avec même peut être une plus-value. Pour mémoire : http://onepokerstroy.blogspot.com/2013/09/busto-for-20k.html

Comme prévu, je me suis donc totalement consacré au poker ces derniers jours. Au programme : du live, du online et du coaching avec Pe4nuts de Kill Tilt.

Travaillé avec Simon m’a permis de réaliser quelque chose de très important : je n’avais jusqu’à ces  derniers jours pas d’objectif précis ni  de plan d’attaque.  J’étais juste dans un mode – faut que je clôture mon expérience en tant qu’entrepreneur- ensuite je continuerai à vivre du poker en profitant de ma liberté pour voir ce qu’il se passe…



Un peu naïf pour quelqu’un ayant quasiment 30 ans. En même temps ma décision de quitter ma boite n’est que très récente et m’a pris énormément d’énergie…  Normal donc de ne pas réussir à planifier « l’après » immédiatement. En tout cas, on a bossé dessus et je grind maintenant avec les idées claires .



Objectifs à atteindre d’ici  l’été 2014 :

Arriver à développer une pratique régulière et structurée  du poker avec des objectifs sur 2 disciplines : le Cash Game live et online.
Selon moi, les intérêts à développer une pratique rémunératrice online et live  sont énormes :

-  Game sélection et liberté : Pouvoir jouer à fois live et online permet de pouvoir jouer partout et de sélectionner les parties les plus intéressantes

- Apports techniques : Joue live deepstack Full Ring est super intéressant- c’est l’assurance de se retrouver malgré un faible nombre de mains jouées dans des spots très différents tous les jours sans compter les aspects «reads & tells » tellement plus développés Online que Live. A l’opposé le jeu online c’est l’obligation de développer des  bases techniques et mentales solides qui seront très utiles live.

- Networking : Jouer live c’est aussi la garantie de rencontrer des gens tous les jours. Indispensable pour quelqu’un de très sociable comme moi. D’un point de vue poker c’est aussi la chance de rencontrer d’autres bons joueurs et d’avoir un accès aux parties les plus intéressantes qui peuvent souvent être privées.

Targets :

- Online : Arriver à  jouer en NL50 / NL100 : 2500 euros de bankroll.
- Live : Arriver à jouer en 5/10 live : 10 000 usd de bankroll
- Life roll : 5 000 usd

Planning :

[ ] 35k hands / mois online
[ ] 20 sessions live de 5 heures /mois
[ ] 3 semaines de vacances pour Noel
[ ] Bonus : S’intéresser au Omaha ou aux MTT
[ ] Extra – Suivre le cours en ligne sur l’entrepreneuriat organisé par l’EM Lyon : https://www.unow-mooc.org/emlyon-effectuation/

Finalité  :

Des objectifs, des targets un planning c’est bien joli mais pour quoi faire ? Avoir un horizon désirable et motivant est primordial. 

Dans mon cas il est très simple :  partir aux Etats-Unis et au canada après l’été 2014. 

La cote Ouest, Vegas, New York me font rêver depuis longtemps… Par ailleurs avec la régulation du marché en ligne américain à venir le poker à des jours heureux devant lui par là-bas.

Road to Vegas


Quelques estimations :

- Hourly NL500 live : entre 20 usd et 25 usd / heure
- Rakeback mensuel pour 35k hands / mois NL25 ou NL50  entre 500 et 1000 euros en comptant sur la possibilité de clear des bonus de premiers dépôts sur plusieurs rooms

 Wish me luck !

jeudi 10 octobre 2013

Les derniers temps dans le désordre :


Online :

Au revoir NL10 :   Elle a été ma limite de prédiction pendant tellement longtemps. Elle m’a permis de rebuild mes innombrables tilts en reprenant confiance…  Place maintenant à la NL20 et la NL25. Pour ces 10 premiers jours d’octobre cela donne ca :


Monsieur Maniac : « Tu steals pas assez – tu open pas assez du bouton »  Je le savais depuis longtemps, on me l’avait dit, on me l’avait redit... Je me suis levé de bonne humeur le 1er octobre est j’ai commencé à le faire. C’est simple je suis passé d’un style de jeu qui était 21/17/5 à un 29/25/8.


Live :

La partie du casino locale ne tourne plus. Je me suis donc tournée vers les parties privées. Principalement une 2/5 usd  très deep. C’est  pour moi un peu la fin du Bumhunting ou de la chasse au coréen et le début des choses sérieuses...

 La partie en question est très largement battable mais fréquentée par plusieurs très bons joueurs : 2 loose aggro vietnamiens , 2 pros online, Men Master et  de temps en temps un top MTT Shark (Brendon Meyers – Oncommand / Norajean).

Je ne l’avais pas forcement réalisé auparavant mais c’est hallucinant à quel point 2 très bons joueurs peuvent vous pourrir un winrate et décupler la variance. En d’autres termes, ils vont vous forcer à vous battre pour l’accès aux fishs. Si vous ne vous ajustez pas vous allez-vous faire squeeze quand vous aurez uniquement flat derrière une open d’un fish ou encore le fish aura été 3bet avant votre tour de parole...

 Cela  implique de la variance, cela implique de jouer des spots compliqués mais plus important encore cela implique surtout d’avoir un plan pré-flop clair. En effet, plus je joue live plus je me rends compte que la majorité de l’edge gagnable sur une table assez regish est preflop.

Pour l’instant, je perds des sous mais rien de dramatique. A 20 mains de l’heure le Long Terme c’est très très lent à venir…


Coaching :


« Plus tu attends avant de commencer le caoching plus tu perds de l’argent » C’est cette réflexion d’un pote grinder qui m’a décidé.  J’ai donc commencé avec Pe4nuts de Kill Tilt. Objectif un premier bloc de 5 heures. 2 heures  pour une review globale de mon jeu. Le reste va a priori être consacre à un travail sur le mental et l’organisation du grind et du travail associé.  Je vous ferai un bilan complet à la fin de l’expérience.

Good Luck aux tables !


vendredi 27 septembre 2013

Au secours je run good !

Au secours je run good !

Comme pouvait en témoigner mon post précèdent, je consacre en ce moment beaucoup d’énergie à m’extirper du marécage des microstakes de PS.com. Je n'ai cependant pas oublié le poker live et heureusement car cela se passe plutôt bien.

Apres avoir bouclé mon meilleurs mois en aout + 6.7k usd, je suis déjà up de plus de 3.3k sur septembre. Performance complètement satisfaisante car j’ai pas mal joué en 1/2 Usd ce mois faute d’action en 3/5 usd.

On run good donc… La question à se poser maintenant est comment gérer un good run ? La question n’est pas aussi stupide que vous pouvez le pensez. Enchainer les sessions positives affecte forcement votre jeu, il y a donc des conclusions à en tirer.


Je vous partage  ma petite to do list personnelle à utiliser en cas de good run prolongé :

1)      Jouez plus ! Vous enchainez les sessions positives, le poker vous semble facile, vous prenez systématiquement les bonnes décisions, les leaks de vos adversaires vous semblent évidents : toutes les conditions sont réunies pour augmenter votre volume et gagner encore plus ! Ça parait logique mais je vois tellement de joueurs écourter leurs sessions car se satisfaisant de leur win du jour. Je ne parle même pas des joueurs arrêtant  tout simplement de jouer pour le reste du mois par peur de perdre leurs profits…

2)      Travaillez votre jeu – cherchez la perfection ! Une période de Good Run est particulièrement propice pour améliorer votre A Game. En effet, si vous vous sentez particulièrement à l’aise dans les spots « classiques » c’est l’occasion idéale de vous pencher sur des spots que vous considériez par le passé marginaux. C’est le moment d’affiner vos bet sizings ou de vous questionner sur d’éventuelles lignes alternatives. Le risque à éviter est évidemment  le fancy play syndrome. Je considère cependant qu’il est bien moins risqué d’apporter des changements dans son jeu en période de confiance que lors d’une période de doute. Expliquez d’une autre manière : comment pensez –vous pouvoir analyser et travailler votre A Game quand vous n’êtes pas capables de le jouer aux tables ?

3)      No spew IRL : C’est une tentation naturelle : gagner pleins de sous rapidement peut vous donner des envies ballas ( I-Phone, montres , vacances …) ou pire vous faire change de train de vie. Pas besoin de détailler les risques…  

4)      Récompensez-vous ! : Contrairement à ce que vous pensez, cela n’est pas contradictoire avec le point ci-dessus. Une récompense est quelque chose que l’on accorde en reconnaissance d’un mérite particulier. On parle ici d’une chose de symbolique et ponctuelle.  Le poker étant particulièrement ingrat se faire plaisir symboliquement à l’occasion d’un good run est sain et bon pour la motivation pour le long terme.

5)      What’s next : redéfinissez vos objectifs
C’est peut-être pour moi le point le plus important : pensez à l’étape supérieure. Profitez de cette période pour planifier comme vous allez monter de limite. Se contenter d’une limite que l’on arrive déjà battre est généralement une erreur. C’est souvent perdre un profit supplémentaire que vous pourriez potentiellement réaliser avec votre niveau de jeu actuel.
C’est particulièrement le cas pour les joueurs de microstakes. Dans le cas de PS.com le rake commence à diminuer à partir de la NL25 et le rythme  de cette diminution s’accentue jusqu’au moins en NL100 – NL200 . S’ajoute à cette diminution du rake une augmentation du rakeback. Si vous faites attention à jouer une table avec au moins un vrai fish, il va falloir que les regs vous outplay sacrement pour vous prendre ce que vous gagnez en rakeback et en diminution du rake. L’intérêt à up de limite est donc vraiment énorme !

Bref captain obvious a peut-être encore frappé. N’empêche qu’écrire ce post m’aura permis d’avoir les idées très claires sur comment organiser mon poker ces prochaines semaines et c’est déjà plutôt pas mal !


lundi 16 septembre 2013

Vive le poker online


Le poker en ligne c’est cool. C’est un peu mon état d’esprit du moment et je me devais de le partager.

Pourquoi cet optimisme béat ? Si on regarde mes résultats du mois il n’y a pas vraiment de raison de se réjouir…
Je suis up de 5.62 dollars  ! En graph cela donne ca :



Pour les causes de ma satisfaction,  il va donc falloir chercher ailleurs :

1)       Je n’ai jamais run aussi bad sans décrocher

 Le graph ci-dessus est assez explicite je pense. J’ai  commencé par un downswing de 20BI en NL10. Cela a été d’autant plus difficile à accepter que j’avais move down il a quelques semaines après avoir fail une nouvelle fois mon shot en NL25. J'ai pourtant reussi à maintenir le cap et me suis vu offrir une journee à plus 16 Bi en guise de récompense.

2)      J’ai up  de limite:   

Apres avoir redressé le cap en NL10 j’ai pu notamment grâce au bonus WCOOP me lancer en NL16. J’avais la dernière fois décidé de sauter cette limite que ressemblait un peu à rien. J’ai décidé cette fois ci lui donner sa chance. Apres un peu plus de 4k hands, je trouve les tables plutôt sympas. On va juste attendre de good run un peu et tout sera parfait.


3)       Mon A Game est meilleur :   

Je commence clairement à sentir les effets du travail effectué ces derniers mois. C’est simple, j’ai tout simplement le sentiment de pouvoir intégrer plus d’informations dans mon processus de décision alors même que je suis passé de 6 tables à 8 tables. Cela me permet tout simplement de prendre plus de spots et de faire de meilleurs choix. Une illustration, j’ai joué lors de mes dernières sessions 23/19/6 alors qu’il a quelques mois mes stats ressemblaient plutôt à du 20/16/5.

4)      Je fais du volume :

28k Hands jouées alors que l’on est seulement le 16 du mois. Cela sera dans tous les cas mon plus gros mois en termes de volume ever. On  est parti a priori pour être Goldstars à la fin du mois ( Sick perf !). Plus sérieusement,  Il n’y a pas de progression possible au poker sans volume, je suis donc plus que satisfait de pouvoir enfin partir sur les bases d’un mois à plus de 50khands.

  
Bref, on gagne 5 dollars en ligne et tout va bien dans le meilleur des mondes. Le pire est que je prévois le beau temps également pour les mois à venir.
 En effet, après avoir  consacré beaucoup de temps à jouer et étudier ces derniers mois, je suis convaincu que :
- Mes adversaires sont mauvais.
- Je lui suis aussi.  J’ai encore des tonnes de leaks techniques et mentaux.


Normal quand on joue en microstakes. La beauté de la chose est qu’il suffit que je bosse et que je fasse du volume pour devenir meilleur et moove up dans les stakes. Les connaissances nécessaires pour améliorer son jeu sont accessibles à tout le monde. Il suffit de s'y consacrer pleinement. Cela tombe bien, j’ai rarement été aussi motivé et je vais avoir plein de temps pour le faire !

dimanche 8 septembre 2013

Busto for 20k

Un titre un peu racoleur pour ce billet qui va décevoir les amateurs de spews et de tilt. Ces 20 000 dollars ne sont pas mes dernières pertes live ou online mais l’argent que j’ai investi dans ma start-up depuis l’année dernière.

Pour ceux qui ne suivent pas, l’entreprise en question est une adaptation locale du concept de Smartbox (coffrets cadeaux donnant accès à des expériences). Le lancement de cette start-up a été très clairement ce que j’ai fait de plus intéressant sur plan professionnel. On a réussi avec notre associé a créer un très bon produit avec notamment des partenariats avec la majorité des hôtels 5* et les meilleurs restaurants de Hanoi. Malheureusement malgré quelques contrats corporate encourageants, on est encore très loin du point de rentabilité. En résumé : pas de salaire + besoin d’investir pour pouvoir implanter ce nouveau concept de cadeau dans le pays.
Le problème est que l’effort financier pour développer pleinement l’ensemble des canaux de distributions (Campagne de publicité / développement d’équipes de ventes)  est trop important pour que je l’assume avec mon associé. En principe c’est donc à  ce moment. comme dans beaucoup de start-up, que les investisseurs ou les Business Angel interviennent.  

Mes objectifs fin juin étaient les suivants et comme vous l’avez compris tout ce n’est pas passé comme prévu…

Business :
[ ] Arriver à concrétiser l’entrée d’investisseurs au capital de ma boite
Fail – Une réelle déception car on avait obtenu l’accord de principe d’un business angel et d’une Venture Capital vietnamienne pour un investissement total combiné de 120k usd. La VC a fait finalement marche arrière et du coup le Business Angel n’a plus voulu donner suite.

[ ] Régulariser ma situation juridique dans ma boite
Fail – Pas d’investisseur rend le processus de régularisation de ma position de ma société pratiquement impossible à court terme. L’entreprise reste toujours au nom de mon associé vietnamien avec l’ensemble des risques que cela implique pour moi

[ ] Me payer un salaire – Fail

[ ] Continuer à travailler « en paix et harmonie » avec mon associé – Le fait d’être à Ho Chi Minh Ville pendant qui lui restait à Hanoi n’a pas amélioré une communication déjà difficile…


  
Deux scénarios s’offrent donc aujourd’hui à moi :

- Scénario prévisible : Je continue sans aucune garantie légale en courant également le risque très probable de me broke vu que mes seuls revenus restent le poker et que je ne peux faire un volume suffisant pour faire face à mes dépenses personnelles, investir dans ma boite  et monter une réelle bankroll. On ajoute à cela fait que jouer quasiment tous les soirs et bosser la journée est super fatiguant et pas vraiment soutenable sur le long terme.

- Scénario miracle: un investisseur se manifeste et après un délai de un ou plusieurs mois et je touche finalement un salaire. Il reste cependant très modeste en attendant que la structure dégage de réels profits. Au bout de 3 ou 4 ans je commence finalement à capitaliser réellement sur mon investissement et peut commencer à revendre mes parts dans des conditions intéressantes pour passer à autre chose
.
Le problème est qu’actuellement aucun des deux scénarios m’interesse à l’heure actuelle. Le Vietnam commence déjà m’etre un peu trop familier et je commence à nouveau à avoir envie d’aller voir ailleurs. Cela tombe bien je suis jeune,  sans enfant, célibataire depuis peu,  et j’ai trouvé avec le poker un moyen fun de gagner un peu d’argent que je peux pratiquer dans quasiment tout les pays que j’ai envie d’aller visiter….

Je vais donc me désengager de mon entreprise dans les semaines mois qui viennent.  Mon associé souhaitant pousser encore le projet devrait donc me racheter mes parts. Vu le timing de mon départ, je n’espère pas vraiment récupérer grand-chose en cash d’où le titre du post.  Cette transition va prendre du temps car on ne quitte pas une entreprise dont on est le co-fondateur comme on quitte un normal job. Cela dit j'ai déjà mon objectif suivant en ligne de mire :  des vacances méritées et illimitées avec du poker beaucoup de poker...


jeudi 29 août 2013

Jared Tendler et l'apprentissage au poker


Quasiment 2 semaines sans poster.  J’ai cependant une excuse valable : 1 semaine à profiter de la mer et du soleil à Phu Quoc et dans le delta du Mekong, loin de l’agitation quotidienne de Ho Chi Minh Ville et du poker. Enfin pas si  loin du poker que cela – j’ai profité de mes vacances pour lire deux ouvrages :

- Ship It Holla Ballas : Une lecture que je recommande vraiment. J’ai à titre de comparaison pris bien plus de plaisir à lire ce bouquin qu’à visionner  «  Bet Raise Fold- The Story of online Poker » Le bouquin est truffé d’anecdotes assez sicks avec une mention spéciale tout de même pour le bet «  t’es pas capable de plonger dans le bassin aux requins, toucher le fond et remonter. Lire Sip It Holla Ballas c’est aussi découvrir en détails les débuts  de gros sharks online biens connus maintenant notamment Raptor (November 9 cette année) et surtout Durrr qui sort complétement du lot dès ses débuts.

- Mental Game of Poker 2  (Jared Tendler) : Un seul mot : passionnant ! C’est une lecture qui arrive pour moi avec un timing parfait. Je bosse depuis un moment sur mon mental avec pour principales ressources Kill Tilt et Tommy Angelo.  Lire la semaine dernière Jared Tendler était donc une progression logique. Cela m’a notamment  permis de clarifier et formaliser plusieurs intuitions. Impossible de faire une synthèse du contenu qui est particulièrement dense, je vais par contre essayer de vous faire partager mon « Aha moment ».

Un « Aha moment » est forcément personnel. Ce que je vais écrire va donc paraitre évident pour certains ou confus pour d’autres. Cependant, il est clair pour moi que j’ai compris quelque chose d’important  pour ma progression au poker en lisant ce que Jared Tendler a écrit au sujet de l’apprentissage.

 Au sujet de l’apprentissage :

J’étais déjà convaincu depuis un petit moment que pleins de regulars travaillent très mal leur jeu. Pas forcément en terme de quantité mais  en terme de méthodologie. 

Cela fait un moment que j’ai focalisé  mon énergie sur mon C-Game et mon tilt  car je perdais une tonne lors de ces périodes. Travailler mon A-Game pour gagner 1bb/100 quand je joue au mieux ma forme est en effet complétement inutile si  je balance 5 caves chaque fois que je joue fatigué ou run bad.

Evident ? Oui peut être. Mais regardez autour de vous : que font les gens qui vous disent bosser beaucoup leur jeu ? Majoritairement, ils postent les spots les plus compliqués sur les forums et visionnent des vidéos de joueurs jouant plusieurs limites au-dessus de la leur. C’est facile, c’est intéressant et effectivement ça aide à faire progresser le  A Game.

 Cependant selon moi, la difficulté aujourd’hui pour un joueur voulant progresser n’est pas de trouver du contenu technique : son challenge est d’arriver à l’assimiler et à l’intégrer à son jeu. 



C’est justement sur ce point que Jared Tendler en detaillant les différents types de compétences est passionnant. Il distingue dans son ouvrage en effet :

-  Niveau 1 : Intangible Competence : A ce stade de l’apprentissage vous n’êtes pas réellement conscient de votre nouvelle connaissance. Quand vous jouez et pensez à votre top niveau vous êtes proche de pouvoir comprendre pourquoi vos décisions sont bonnes mais vous n’arrivez pas encore à vous figurez clairement le pourquoi du comment.

- Niveau 2 : Conceptual Competence : Vous êtes maintenant capable d’expliquer pourquoi vos décisions sont bonnes. Vous arrivez cependant seulement à appliquer cette compétence  que quand vous jouez votre A Game et cela vous demande beaucoup d’énergie. Même si le concept vous semble clair quand vous en discutez-vous avec d’autres joueurs, vous faites toujours des erreurs in game.

- Niveau 3 : Conscious Competence : La compétence est maintenant bien intégrée vous arrivez à l’appliquer la très grande majorité du temps. Vous vous rendez d’ailleurs compte immédiatement que vous dérapez ce qui peut encore arrivez  ponctuellement (Tilt, fatigue).  Vous comprenez également les nuances de la notion et elle peut servir de socle à l’acquisition de nouvelles connaissances.

- Niveau 4 : Unconscious Competence : Les nuts absolues ! La compétence est tellement bien intégrée que vous l’appliquez sans y réfléchir de manière automatique et cela même dans les circonstances les plus extrêmes (Gros Tilt- 20+ Tabling)


Ce que cela signifie :

- Si quand vous jouez fatigué et en semi tilt vous faites encore de grosses erreurs portant sur des notions qui vous semblent évidentes c’est que vous les avez pas intégrées complètement. Même si vous pensez avoir compris vous n’avez probablement pas assez pratiqué pour que cela devienne automatique  inconsciemment selon Jared Tendler.  Cela explique pourquoi certains joueurs de NL10 (moi au hasard) peuvent avoir une compréhension suffisante  de la plupart des bases techniques nécessaires à la NL50 mais restent stuck en microstakes parce que ces bases ne sont pas complétement intégrées en tant que compétence inconsciente (Blocage au niveau 2 ou 3).

Pour parfaire votre apprentissage, il faut donc :   
- Faire du  volume. C’est indispensable, personne ne peut y échapper. Jared Tendler cite judicieusement à ce sujet   la théorie de Malcom Gladwell disant qu’il faut 10 000 heures de travail pour exceller dans un domaine.
-  Travailler sur toutes les erreurs que l’on fait avec une priorité pour les plus basiques afin de les éliminer définitivement. Ne pas passer son temps sur des spots borderlines dont le gain en termes d’EV est marginal. Chercher le spew stupide, essayer d’en comprendre la raison et se punir jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Faire ce travail de profondeur, c’est acquérir une base de jeu très solide qui va permettre une intégration aisée  et quasiment naturelle de notions bien plus compliquées nécessaires au développement du A Game.

Le fait que l’on ne peut ameliorer son A game sans travailler son C game avait d’ailleurs été très bien expliqué dans la vidéo ci-dessous de Peanuts (http://www.kill-tilt.fr/videos/progresser-comme-une-chenille).


Bref, un gros pavé pour dire qu’avant je savais que je devais bosser continuer à bosser mon jeu.  Maintenant je sais aussi comment et pourquoi

jeudi 15 août 2013

Help ! Vacances demandées


En regardant avec un peu de recul les semaines passées depuis mon arrivée à Ho Chi Minh Ville, je me suis tout simplement rendu compte que je n’avais pas arrêté une seule seconde. J’ai passé tout mon temps soit à bosser soit à jouer au poker live ou online.

En chiffre sur une période d’un peu plus d’un mois et demi cela donne ca :
- Boulot : au moins 50 rendez-vous pro. Pas la motivation de compter et détailler vu que ce n’est pas vraiment l’objet du blog
- Poker live : 39 sessions pour un profit d’environ 3k usd.
- Poker online : 45k hands pour un bilan de -165 usd  (bonus compris) principalement lié au shot raté en NL25

C’est très clairement l’une de mes périodes les plus intensives au niveau poker life time. J’ai réussi à ne pas me broke et à prendre mes marques sur une partie plus chère  et plus relevée que celle que je jouais à Hanoi et cela sans une réelle bankroll. Online, j’ai éliminé  en grande partie les périodes  pendant lesquelles je jouais très mal (Tilt et C Game). Je suis également passé de 6 à 8 tables. Au final : le sentiment de passer un cap dans ma progression au poker.

Présenté  comme cela, on peut avoir l’impression que tout va bien dans le meilleur de monde.  La réalité c’est  aussi que je suis aussi très fatigué d’avoir cumulé le poker et le boulot d’une manière aussi intensive pendant une aussi longue période. Ce n'est pas forcement une fatigue physique : j'ai stoppé 90% de mes sessions live à  minuit pour pouvoir enchainer les journées poker + boulot. C'est plutot une fatigue mentale qui se traduit par exemple par le fait que je trouve de plus en plus diffcilement la concentation necessaire pour jouer sur 8 tables pendant plus d'une heure ou pour travailler sur des contrats en anglais pour mon boulot.

Je vais donc profiter de la venue de ma famille pour m’accorder une semaine de repos. Au programme pas de poker pas de boulot et l’ile de Phu Quoc.

En théorie ça devrait ressembler à ça :




Sinon histoire de se détendre intelligemment on va tout de même apporter un peu de lecture pour la plage :